Vers le mojo ?

Qu’est-ce qui réunit le festival Burning Man, le Ice Bucket Challenge, les Color run, Ticket for Change ou encore les challenge Lego ? Et si c’était la capacité à créer un sentiment commun, un état un peu bizarre, une conscience collective… qu’on appellerait- que l’apeloriou … Mojo.

Que veut bien dire « mojo » ? A son origine, le mojo est une appellation vaudou pour désigner le fluide… qui existe entre deux organismes. C’est un halo positif qui vient transcender une personne et la magnifier. La mettre dans un état de transe et la faire surfer sur son environnement.

Inspirant de voir que cet état, sorte de prolongement collectif du flow, est une cible on ne peut plus recherché pour les voyageurs modernes que nous sommes.

On voit bien aussi que ce mojo est une bonne description de ce que recherche les startup. Il se retrouve au coeur de toutes les aventures collectives, on pourrait dire. Pour des raisons d’évolution humaine.

Comme de grands enfants, nous sautillons, dans le monde chaotique et imprévisible sur le chemin de l’agilité, entre différents univers, différents outils comme entre nos jouets et nos défis d’enfants. Comme le jeux de petits chevaux, nous apprenons à slalomer et rebondir, tout en maintenant le principe de plaisir.

Burning Man est un festival né en 1986, qui célèbre la créativité artistique éphémère. Au delà de ce principe, c’est un gigantesque rencontre d’aventuriers des rencontres : «Pendant une semaine, les gens adhèrent à une communauté en effervescence sociale et font des rencontres pouvant être exaltantes», confirme le professeur Dominic Beaulieu-Prévost. La transformation issue de cette expérience originale parce qu’éphémère est un des grands facteurs du succès de ce festival.

Les challenges Lego, nés vers la fin des années 1990, constituent aussi des remarquables aventures collectives qui inspirent les participants autour de la passion de construire et les défis du moment. Mêlant aussi bien des ingénieur.e.s, des designers que des simples passionné.e.s, ils permettent de générer des constructions étonnantes mais surtout des climats d’enthousiasme et de fierté que la coopération vient renforcer.

L’art de l’engagement est aujourd’hui essentiel pour arriver à maintenir une attractivité et une légitimité, nécessaire au projet et à son pilotage.
Ses composantes évoluent à travers le temps.Si un brevet était suffisant dans la fin du 19ème siècle et le début du 20ème siècle… une marque visible et rassurante devenait une condition indispensable à la société de consommation.

Aujourd’hui, le monde est devenu tourbillonnant et ses institutions peu fiables d’apparence. Les objectifs de réussite sociale ont perdu de leur apparat car elles renvoient à des savoir-être peu reluisants ou à contre-courant de ce qui peut faire la vraie vitalité des êtres et leur ressenti. L’expérience est devenue un vrai tremplin et sa complexité, sa richesse en fait un vrai tremplin aussi bien intime que social. Les frères Costes dans l’hotellerie-restauration puis RedBull dans la boisson sans alcool l’ont bien compris.

Dans une société du spectacle, où tout le monde peut devenir influencer un quart d’heure, l’importance des symboles et des simulacres rend le besoin d’expérience forte.
Un.e entrepreneur.e se doit de penser au développement d’expériences comme un outil phare.

L’expérience individuelle est limitée : elle ne saurait exister sans une composante collective, de partage et d’empathie. Pour donner envie de rester avec vous, il est nécessaire de créer le sentiment d’un « lieu à part ». Et pour faire ressentir vraiment ce sentiment, il s’agit de créer une expérience « connectée »… au sens premier du terme, c’est à dire collective et même disons le… cosmique.

Cela peut vous paraitre surprenant ? Pourtant, l’Inde est un pays on ne peut plus attirant pour de nombreux touristes, et ce depuis plusieurs siècles (en tout cas depuis que le tourisme existe). Son attractivité est, au récit de la majorité des touristes, essentiellement du à son climat spirituel, à l’énergie mystique dégagée par ses habitants. La totalité des sociétés a un climat culturel qui est perceptible dès son arrivée. Mais, l’Inde comme certaines autres, induisent une autre dimension, qui se ressent sur l’ambiance. Et possède incontestablement de la valeur…

Une équipe encore plus experte visera à atteindre la proposition de valeur ultime, ce qui engage véritablement les gens. De l’énergie… ensemble qui élève.

Quand on analyse ce qui se passe sur les réseaux sociaux, les choses sont assez simples en fait… les gens veulent de l’extraordinaire au quotidien;. Comme disait un grand réalisateur, Emir Kusturica, à propos de ses films « Echapper à l’atractivté terrestre ». Non pas pour fuir… mais pour trouver l’énergie de repenser le monde et soi dedans. De trouver le courage d’agir. De ne pas sombrer dans ses routines qu’on sait utiles parfois, dangereuses souvent.

Peu importe le style maintenant le moment ensemble et la célébration (un peu de revanche collective). les gens sont à la recherche de performances collectives : Ice Bucket Challenge, Secret Cinema, Jay Z Decode…
Le fait de fédérer ne suffit pas. Il faut évidemment que cela débouche sur quelque chose. La transe doit permettre d’atteindre un nouvel état d’être. Plus compréhensif. Plus bienveillant. Plus serein. Comme dit un mantra moderne « La paix intime est la nouvelle réussite. »

Un acteur de l’orientation a été décisif à ce niveau : « Ticket for change » est un acteur qui vend du « voyage-déclic ». Evidemment, TFC ne vend pas en tant que tel, mais cette brique est au coeur de l’écosystème d’offre du projet.
Les partenaires, les mécènes (le projet a gagné un Google Challenge) investissent dans ce qui crée du déclic. Un AHA-moment comme disent nos amis anglo-saxons.

Est-ce que tous les projets recèlent de l’épiphanie ? Apple se pense bien en révélateur du créatif que nous sommes tous, quelque soit son âge. Dove a bien travaillé sur la révélation de l’estime de soi avec son fonds Self esteem fund. Et si finalement, la création d’un éveil, d’un déclic est au coeur de la société « mystique » du 21ème siècle… ?

Pour y arriver, il est nécessaire de passer par des filtres de d’expériences.

L’articulation de ces temps collectifs est le véritable actif du projet. Le continuum (même incomplet) de moments forts crée de l’or dans l’esprit des gens.
Même logique dans une relation interpersonnelle. On finit par s’engager profondément à cause d’un continuum de moments précieux.

La force de cette adhésion ne vient pas d’une solution en particulier, mais de ce continuum…

Le secret d’entrepreneur.e innovant.e est donc là. Concevoir une solution certes, mais un ensemble de solutions qui sera réinventé chaque année, mois, semaine… Et qui perdra de son attrait par sa nature même d’outil. Lifestyle mais au service de quelque chose qui donne le frisson, de transcendant. Concevoir des temps collectifs, non comme support de votre activité, mais comme base de votre réussite. La qualité et le succès de ces temps collectifs sont des éléments incontournables.

Etre un bijoutier qui vend ses produits collectors est indispensable, car cela génère du cash. Mais cela ne doit pas sortir de la vraie analyse.
C’est le design d’exception de votre aventure collective, voire collaborative qui fera de votre projet une réussite hors norme.

Celle d’un créateur de mojo.

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