L’art d’entreprendre : un défi de société

Entreprendre, c’est exploiter ce que l’on connaît, c’est tirer parti de son expérience sur le terrain et appréhender les subtilités des besoins et usages des acteur.rice.s terrain. Il n’y a pas de “mauvais terrain” ou de mauvais marché. Il vaut mieux simplement être bon.ne dans la connaissance des acteur.rice.s, au moins partiellement. Il n’y a pas de mauvais terrain au contraire, il s’agit d’avoir simplement connaissance des enjeux du secteur concerné. L’art est un terrain de jeu pour l’entrepreneuriat !

Projecteurs sur les artistes, leurs besoins, la relation particulière qu’ils entretiennent avec leur cible : l’innovation réinvente et accélère le développement d’un secteur fondamental dans nos sociétés. C’est le cas des artistes plasticiens. Un.e artiste n’est pas un.e client.e comme les autres. Sa sensibilité est souvent exacerbée du fait de son parcours. Il vaut mieux le.la traiter de manière sensible et en comprenant sa démarche.

Lumière sur la sensibilité exacerbée des artistes

Quand Delphine Toutain lance TADA en 2015, elle s’attaque au besoin de la plupart de “petits artistes”, en termes de notoriété et de ventes, de se libérer du stress administratif et logistique de la gestion de leurs oeuvres. Co-fondatrice d’une association d’aide à la professionnalisation des artistes, Delphine connaît bien le milieu. Elle connaît les subtilités de la situation des artistes, ou comment gérer le principe de réalité et toutes ses pesanteurs administratives / logistiques et leur volonté de développer son parcours artistique. Ainsi, de leur recherche de progression, loin devant la professionnalisation de leur activité en termes de priorité. Comment libérer les artistes de leur aliénation administrative ?

Souvent hypersensibles et immergé.e.s dans leur démarche créative, il.elle.s sont ballotté.e.s dans les relations publiques et marchandes qui les dépassent. Les artistes veulent bien faire et être exposés sans se montrer très vigilants de peur de choquer. Angles morts en termes de prêts, de garantie d’accidents, de dégradation ou de perte… De vrais trous noirs par moments, qui peut freiner le développement de leur créativité.

Des embûches certaines dans la reconnaissance du milieu artistique, que Delphine a souhaité solutionner. Elle lance alors son auto-entreprise pour tester les offres et le marché, y gagne ses 2-3 premiers clients. TADA est né, l’assistant administratif qui répond aux aspirations de la grande majorité des artistes.

Ouverture sur une solution SaaS

Au fil des confirmations que lui donne son marché, Delphine sent que des évolutions sont possibles. Pourtant, un trop grand sentiment d’appartenance au milieu artistique, une humilité et certainement un syndrome de l’imposture l’empêchent de vendre son service à un prix correct. Elle peine encore à vendre son offre au juste prix, de peur de pénaliser les artistes. C’est un risque, lorsqu’on connaît bien son public-cible : ne pas leur vendre trop cher, vendre en dessous des prix du marché.

En 2019, Delphine crée TADA EURL et rejoint le programme WILLA Start pour accélérer son projet. C’est alors qu’elle réfléchit sur son offre SAAS afin d’accompagner davantage d’artistes dans leur développement professionnel. En 2020, c’est l’embauche du premier salarié avec un passage en programme WILLA Scale chez WILLA, malgré la période COVID qui ne va pas être de tout repos. Malgré la fermeture des galeries 2021, Delphine poursuit son développement avec la transformation de l’EURL en SASU, afin de permettre un vrai levier de développement financier.

La montée en puissance de l’accompagnement des artistes

Toute crise est synonyme d’opportunités : à partir de mars 2020, la crise économique touche particulièrement les artistes, car vernissage et expositions en physique s’arrêtent. Il a fallu accompagner au plus près ces professionnel.le.s dans leur redémarrage d’activité. Delphine se saisit des enjeux du secteur à ce moment clé et accélère le développement de son outil SaaS. L’agence passe en 2020 de 3 partenariats avec des écoles d’art et des structures privés ( 100 artistes accompagné.e.s) à 5 en 2021 avec des collaborations avec des incubateurs d’artistes (+ de 250 artistes accompagné.e.s)… Son activité est désormais légitime et permet de systématiser une aide et une solution qui ne pouvait exister que par une passionnée de l’art à la tête bien faite.

Lumière sur le MOJO : l’envie, l’énergie et l’ambition

Quand on retrace cette progression, 3 clés semblent nourrir l’aventure de TADA : l’envie, l’énergie et l’élévation. C’est une démarche solidaire qui est à l’origine de TADA Agency : Delphine était membre fondatrice de l’association de développement des compétences des artistes plasticiens avant même la création de TADA. Depuis le départ, Delphine croit au potentiel de professionnalisation du monde artistique.

Une énergie qui s’est transformée en projet d’entreprise : son parcours au croisement entre gestion administrative, propriété intellectuelle, passion artistique et conduite de projet lui a permis de transformer cette vision en ambition. Pour elle et pour le monde artistique. Tada Agency est né d’un besoin réel, identifié dans une démarche solidaire et associative. Une démarche qui a pris de l’ampleur et est devenue un projet d’entreprise.

Dès la prise de contact avec ses clients, TADA génère une véritable énergie collective. Le « soin administratif » que TADA Agency met en place pour eux génère une confiance qui se retrouvent dans leur relation avec les galeries. Les artistes se retrouvent avec une assurance nouvelle et un état d’esprit positif qui libère presque une démarche entrepreneuriale.

Comme disait l’artiste Carla Talopp, une des premières utilisatrices du service : « Cela donne une force et une confiance incroyable. »

Chapeau à l’artiste !