Qu’est ce qu’on veut vraiment ?

That is the question. Tout le monde se la pose chaque matin ou presque. Pourquoi on se lève ? Qu’est-ce qu’on cherche à atteindre ou prioriser ? Sur quoi arbitrer ? Comment faire différent ? Dans l’infini des possibles Google et Netflix, que peut-on et vraiment viser à être ?

Non, dans le Thermomix du monde moderne, le commun et le consumériste se croisent et se rencontrent rarement, ou trop épisodiquement malheureusement. Comme dans les requêtes des jeunes dans le monde du travail « être bien payé » et « avoir du sens » témoignent d’exigences relevant de paradoxes d’apparence. A chaque rôle différent, chacun d’être nous est parfois pris dans des injonctions paradoxales. Comment recréer du commun sur nos priorités ? Comment faire que les organisations qui nous hébergent savent dégager des priorités ?

Alors ?

Regardons du côté des “butterfly flap” et prenons la loupe aux signaux faibles.

Les jeunes veulent croire à une action au quotidien qui change les perspectives. Qu’elle touche à une société plus juste et plus vertueuse et à une transition écologique. Ne pas voir le chemin mais suivre le chemin. Proposer de quoi arpenter le changement. Autrement dit, être un tremplin crédible à changement.

Frédéric Laloux en parlait dans son voyage au pays des organisations Opale : Etre soi même est un des objectifs essentiels des salariés aujourd’hui dans leur vie pro. Malgré les casual friday et autres happyness babyfoot, les représentations mentales sont encore bien cloisonées en entreprise. Il n’y a qu’à voir les tensions que suscitent le télétravail dans des entreprises comme chez Apple pourtant chantre du cool. Comment suivre ou reprendre le fil de sa vie ? Google a fondé son capital talent en permettant à ses employés de se développer en tant que chercheurs ou de devenir des startupers sur des projets qu’ils “écosystèmisent”. Suivre le fil de son talent.

Cette culture qui accueille et fertilise est un des leviers d’attractivité essentiel des organisations. Ubisoft propose ainsi au Canada un cadre créatif d’émulation qui permet à des salariés mais aussi chaque artiste partenaire en puissance d’expérimenter des projets qui peuvent les épanouir. Ubisoft sponsorise ainsi un festival des arts créatifs permettant de servir de terrain d’expression mais aussi de hub de potentiel projet.

Les supporters du PSG veulent une identité collective retrouvée : le manque de vibration et d’engagement des joueurs les rend malheureux. Ce n’est pas tant le manque de résultats européens qu’ils reprochent que l’absence d’une connexion émotionnelle chaque semaine démontrée. Ce que les supporters de l’OM ont retrouvé cette saison. En ce sens, même s’ils payent, ils se sentent payés. Via une énergie partagée.

En sortant des sentiers cadrés de l’univers assurantiel, Alan a construit une culture de mutuelle où travailler est une dynamique et une expérimentation collective de tous les instants. Choisir ses vacances, son télétravail, faire vivre le recrutement sont autant de connexions qui inspirent et revivifient le quotidien. Et aident à cueillir le présent.

Cette dynamique collective peut même servir d’accomplissement à travers des réalisations communes, sortes de “performances” au sens artistique du terme. Il y a quelques années, Best Buy, le Darty américain, avait réussi à engager 10 000 salariés autour de la Tweplforce en faisant la 1er collectif FAQ en temps réel du pays. Ou comment démontrer son talent et alimenter un miroir positif de soi.

Les acteurs qui travaillent chez Willa, incubateur d’entrepreneuriat féminin, apprécient le fait de développer des projets mais aussi de pouvoir contribuer au rayonnement des femmes dans l’économie. En participant à ce progrès commun, le sentiment d’élévation individuelle se nourrit de cette élévation collective.

C’est ce que partagent les clientes et les équipes de Ginette et Josiane ou de The Good Habits : que ce soit pour mieux gérer “sa santé du ventre” ou sa “conscience écologique”, le wow effect est de pouvoir mieux se connecter à soi, devenir un meilleur soi-même et finalement se sentir davantage soi.

On le retrouve avec le projet de Wounded Women : on se sent progresser parce qu’on vit un moment à part avec d’autres, avec des pairs. Qu’on soit femmes à cicatrices (morales ou physiques) ou coureurs d’ultra trail, étudiants entrepreneurs ou gérants de SCI, les entités qui sauront parler à ce besoin empathique et de progression individuelle et collective sauront mieux créer les conditions de leur performance.

Dans une période incertaine, les paradigmes changent. Ici et maintenant, c’est une histoire de mojo.

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