Olympique de Marseille, une leçon de « pivot passionnant » ?

Un club de sport professionnel est par définition une hybridation.

1.  Club = modèle économique en transition. Retombées sportives (FFF UEFA), droits TV, trading, loges… 

2. Mix propriétaires (par des possesseurs de capitaux), dirigeants salariés non incarnés / gestionnaires non leaders, supporters, passionnés par le club et non l’équipe, engagés véritables sans être conviés 

C’est un cocktail par définition très explosif.

Et dont la gestion constitue par nature un défi majeur d’activité.

Avoir aujourd’hui une activité commerciale sans engagement est par nature très risqué. Mais dans ce domaine du sport pro, cela devient « de la haute voltige ». Car les clubs reposent avant tout sur la capacité à créer de l’enthousiasme et de l’engagement et payent cher des déceptions.

On a vu récemment des perturbations notables d’activité (entrainements à Nantes, à Bordeaux, à Lyon ou Marseille), des perturbations d’image, des pression sur salariés (joueurs) et des risques de boycott…

Cela peut sembler excessif pour un non initié pourtant il s’agit de la 2e face de la même médaille. Le modèle du sport pro est fondé sur la génération d’enthousiasme où des publics sacrifient du temps, de l’énergie mais surtout de l’attention et des moyens financiers non négligeables (pour eux) à l’élévation d’une identité collective plus rote qu’eux même et que la plupart de leurs autres identités de groupe. Cela a un prix : le sentiment de l’effort commun, du respect des valeurs et des symboles. C’est ainsi dans tout fonctionnement de culture de groupe.

En ce sens, les supporters sont des acteurs à part entière d’une activité qui a besoin d’eux pour mobiliser les joueurs, valoriser les stades, animer les matches retransmis comme des spectacles de plus en plus dramatisés.

Ce spectacle génère donc une notion de bien émotionnel commun. Celui d’un moment précieux, où peu importe le succès (on oublie que les supporters ne sont pas des addicts du résultat) mais que vive l’aventure collective dans toute la noblesse de ses sentiments. C’est dans ces épisodes clés de matchs que se construire un actif culturel commun. 

Les évènements qui se sont déroulés à la Commanderie en rappelle qu’il ne saurait y avoir dans ce modèle de club de « spectacle mobilisateur » de trous dans la raquette. Les supporters ne sauraient être des pantins qu’on sort pour la photo. Il y a besoin chez les futurs dirigeants d’une meilleure articulation entre activité, modèle et engagement. En ce sens,

Dans un monde de plus en plus incertain, il est plus que jamais nécessaire de mettre l’engagement au coeur.

Comment? Penser le rôle des supporters, usagers/clients (c’est à dire les multiplier)

Dans environnement turbulent, pas d’autre choix que pivoter régulièrement : Penser son évolution comme un  « pivot passionné et passionnant ». La réussite à la fois économique et culturelle de « C’est Qui Le Patron ? » prouve la capacité d’une organisation à se penser comme un actif culturel commun en mouvement. 

En ce sens, l’arrivée de J. Sampaoli comme coach souligne le début d’une nouvelle ère. Et la capacité de l’OM a assumé un « pivot passionnant ».

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