Le mojo de l’Italie championne d’europe

Le sport recèle de ces moments de connexion qui mobilisent et transcendent. Quel est le secret de l’Italie en terme d’engagement et de succès à l’Euro 2021 ?

L’équipe d’Italie arrivant à l’Euro 2021 est déjà le projet d’une renaissance. 

Celui d’un retour à la compétition de haut niveau, après avoir été déchue, dégradée par sa non qualification à la Coupe du monde 2018. L’Italie. La 2e nation la plus titrée et celle pour qui la victoire sportive est une résurrection permanente de son identité.

A noter, il s’agit aussi d’une rupture : le sélectionneur Mancini a proposé une identité de jeu originale, solidaire mais généreuse, beaucoup moins tactique que ses prédécesseurs, allant vers l’avant… Et ce dans un contexte de jeu de « contre » (transition) sanctifié, basé sur l’attentisme, l’opportunisme et le cynisme, comme ce fut le cas du Portugal en 2016 et de la France en 2018.

L’Euro s’est donc ouvert sur une scène de bataille philosophique entre les romantiques et les cyniques. Cela constitue évidement un moteur supplémentaire à la mobilisation et l’engagement des joueurs : rien de mieux qu’un combat culturel pour mobiliser et transcender. 

Le projet de jeu était clair : aller de l’avant et faire corps. Cette identité réelle dans le jeu diffuse une force d’expérience aussi bien pour les joueurs que pour le public ensuite. Une force en terme d’identité ressentie et projetée. Il y a en effet ce plaisir d’être un bloc en mouvement, porté vers l’avant… vers la reconquête de sa dignité par la victoire.

En Italie la culture tactique peut être paralysante. C’est une culture du boa, qui paralyse ses adversaires et gagne à l’usure de sa précision. Mais, cette Italie est une renaissance, une équipe qui a été au purgatoire de l’absence à une Coupe du Monde. Et qui revient à la vie. qui veut montrer ce retour à la vie. D’où une culture de jeu qui n’a rien ou peu à voir avec la culture italienne du foot de sélection. 

Il est intéressant de voir que des organisations qui ont connu des temps difficiles peuvent renaitre en se laissant porté par une culture ambitieuse de générosité et d’ouverture. Une culture est toujours un actif très fort pour réimpulser un nouveau cycle stratégique. Mais, cette culture peut aussi receler de nouvelles tonalités.

Les Italiens sont arrivés à l’euro convaincus de leur identité et de leur culture. 

Et cela a marché. Leur démonstration de force par les résultats et leur identité à crée un écho dans l’option. C’est une percée majeure car les collectifs ont besoin de créer des percées d’images et de modification du climat ambiant. Cela nourrit la dynamique collectif. 

La fierté s’est renforcée à travers des moments forts comme les hymnes chantées à tue tête (et pas toujours faux :)). Cela a pu faire rire des spectateurs mais a donné le frisson a beaucoup car rien de mieux qu’une joie communicative. La joie de retrouver le statut des compétitions. Mais aussi le rite d’un collectif nouveau et allant de l’avant. Un collectif mélangeant pour une première fois depuis longtemps des italiens de toutes les régions du pays ou presque. Le signe d’une inclusion retrouvée.

Cette joie musicale était la joie d’affirmer une identité collective. Portés par une série d’invincibilité, les joueurs italiens ont pu s’appuyer sur un miroir positif, essentiel dans toute communauté en action. Une fois l’Euro ouvert, il ne restait plus qu’à se laisser porter par cette énergie – ensemble – qui élève. Et le plus beau, c’est que cette énergie a contaminé tout un pays entier en quête de renaissance…

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